Vive le bus le matin!
J'ai jamais aimé prendre le bus le matin. Je suis quasiment à chaque fois en retard. Souvent le conducteur me regarde courir dans son rétroviseur, puis quand je suis à 10 mètres du véhicule, il ferme les portes, démarre et va s'arrêter au feu rouge le plus proche. C'est son petit jeu, sa satisfaction. Je le comprends. J'm'en fous. Je fume une clope et j'écoute de la musique dans mon Ipod et j'attends le prochain Bus.
Le bus c'est toujours bondé... Je hais cette promiscuité, les odeurs corporelles, ceux qui ont eu la main un peu lourde sur le parfum ou after-shave, ceux qui toussent sans mettre la main devant leur bouche, ceux qui soufflent sur mon visage, ces jolis marmots dans des pousse-pousse auxquels on se sent obligé de sourire. Je hais cette grosse barre grasse que tout le monde touche et à laquelle on est obligés de s'accrocher. J'aime pas non plus quand t'as un mec qui pense que la musique qu'il écoute dans son baladeur est si géniale qu'il faut la faire partager à tout le monde, quitte à sacrifier ses tympans.
J'aime pas non plus quand une vague connaissance se sent obligée de te reconnaître depuis l'autre côté du bus, puis de venir te parler. Ces personnes là – grand bien leur fasse – adorent te vomir leur monologue incessant sur leurs enfants, leur mari, la pêche au moules, la conjoncture actuelle ou leur amour de la philatélie. C’est des moments ou les minutes passent comme des heures. Je présente par avance mes excuses à la moitié de l’humanité qui est en forme le matin et qui se reconnaîtra ici. L’autre moitié, les « têtes dans le cul le matin » comprendront mon propos.
Parfois j’aime le bus et les gens. Un jour j’écrirai là-dessus.